J' ECRIS...

Lorsque le venin s'étale éxhausivement sur les plaies de mon être rêveur, et que les tripes s'assèchent en lenteur , et lorsque le sommeil réfractaire se rebiffe et spolie les maintes sollicitations de mon esprit rangé par la lassitude, à un temps terne et stérile où les rideaux de l'obscurité maraudent la luminosité de la lune , je me lève en détresse, je boude la notion du temps, et j'avance aux pas rétifs et tellement hésitants au mur de ma vie où s'est accroché la glace de mes ennuis , j'aperçois si tristement ce visage blême et pâle couvert de soucis où les traits de la solitude se dessinent pathétiquement, je ressens une fine larme chaude se fraye un petit chemin sur ma joue jaunâtre qui s'achève au bout du menton, s'éclater dans l'air comme un rêve inachevé, envolé dans les cieux obscurcis du désespoir. Je tente essuyer les résidus de son triste passage avec les bouts de mes doigts tremblants et je m'assois , faisant semblant que tout va bien pour moi et autour de moi.

Je prends ma plume frétillante et débordante et devant les voiles de ma mémoire profuse qui laisse défiler des souvenirs intenses , j'enfreints la nature de mon ultra sensibilité à fleur de peau , et je muselle les jérémiades de mon coeur frileux osant me libérer enfin par cette encre révoltante en écrivant tout ce qui persécute à plein fouet ma quiétude , réveille l'orage de mes pensées et sur cette délivrance qui s'est exilé de mon sort à un monde inconnu.
J'écris et les maux succombent devant la furie des mots,
j'écris et je fais en sorte que la blancheur de la raison l'emporte sur le noir du désespoir, et l'attente du bonheur ne se nourrit que du puits de l'espoir.
J'écris et je noie mes chagrins sur du papier blanc qui estompe la folie de mes envies, et qui assomme la turbulence de mes souffrances.
J'écris et je rature les emblèmes de mes ennuis de lexique de ma vie et je mets en berne les bannières des tristesses outrancières.
J'écris et j'obtiens avec la simplicité des mots , ce que l'argent n'aura pas avec son arrogance.
J'écris et je me place là où les ailles ne peuvent atteindre.
J'ecris et je trouve dans l'ecriture ce que le prisonnier trouve dans sa liberté,
j'ecris et et je trouve ce que le claustrophobe trouve dans la clareté, car l'ecriture me libere des nasses de la solitude et met a mes sombres nuits une lueur de quiétude.
J'écris et je cris hautement ce que ressens mon coeur silencieux ,
j'écris et je décris clairement tout ce qui me laisse dans un état piteux.
J'écris et je comble par les mots toutes les fentes,
j'écris et je m'invente aux délices des contes.
J'écris et je bannis cette insomnie qui squatte mes répits.
j'écris et j'emprisonne les amertumes qui empoisonnent mes appétits.
J'écris et j'écrirai encore et toujours et si l'encre s'achèvera mon sang le remplacera ,
j'écris et j'écrirai encore et toujours et si le souffle de ma vie s'arrêtera , votre fidèle pensée me ressuscitera.

Nadir H

Mes chaleureuses salutations de la Haute Normandie a tous les miens de Beni Douala et d'ailleurs ainsi qu'a ma douce moitié Fatima .

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