J'écris
J'écris
Lorsque le venin s'étale éxhausivement
sur les plaies de mon être rêveur, et que les tripes s'assèchent
en lenteur , et lorsque le sommeil réfractaire se rebiffe et spolie
les maintes sollicitations de mon esprit rangé par la lassitude,
à un temps terne et stérile où les rideaux de l'obscurité
maraudent la luminosité de la lune , je me lève en détresse,
je boude la notion du temps, et j'avance aux pas rétifs et tellement
hésitants au mur de ma vie où s'est accroché la glace
de mes ennuis , j'aperçois si tristement ce visage blême
et pâle couvert de soucis où les traits de la solitude se
dessinent pathétiquement, je ressens une fine larme chaude se fraye
un petit chemin sur ma joue jaunâtre qui s'achève au bout
du menton, s'éclater dans l'air comme un rêve inachevé,
envolé dans les cieux obscurcis du désespoir. Je tente essuyer
les résidus de son triste passage avec les bouts de mes doigts
tremblants et je m'assois , faisant semblant que tout va bien pour moi
et autour de moi.
Je prends
ma plume frétillante et débordante et devant les voiles
de ma mémoire profuse qui laisse défiler des souvenirs intenses
, j'enfreints la nature de mon ultra sensibilité à fleur
de peau , et je muselle les jérémiades de mon coeur frileux
osant me libérer enfin par cette encre révoltante en écrivant
tout ce qui persécute à plein fouet ma quiétude ,
réveille l'orage de mes pensées et sur cette délivrance
qui s'est exilé de mon sort à un monde inconnu.
J'écris
et les maux succombent devant la furie des mots,
j'écris et je
fais en sorte que la blancheur de la raison l'emporte sur le noir du désespoir,
et l'attente du bonheur ne se nourrit que du puits de l'espoir.
J'écris
et je noie mes chagrins sur du papier blanc qui estompe la folie de mes
envies, et qui assomme la turbulence de mes souffrances.
J'écris
et je rature les emblèmes de mes ennuis de lexique de ma vie et
je mets en berne les bannières des tristesses outrancières.
J'écris
et j'obtiens avec la simplicité des mots , ce que l'argent n'aura
pas avec son arrogance.
J'écris
et je me place là où les ailles ne peuvent atteindre.
J'ecris
et je trouve dans l'ecriture ce que le prisonnier trouve dans sa liberté,
j'ecris et et je trouve ce que le claustrophobe trouve dans la clareté,
car l'ecriture me libere des nasses de la solitude et met a mes sombres
nuits une lueur de quiétude.
J'écris
et je cris hautement ce que ressens mon coeur silencieux ,
j'écris
et je décris clairement tout ce qui me laisse dans un état
piteux.
J'écris
et je comble par les mots toutes les fentes,
j'écris et je m'invente
aux délices des contes.
J'écris
et je bannis cette insomnie qui squatte mes répits.
j'écris
et j'emprisonne les amertumes qui empoisonnent mes appétits.
J'écris
et j'écrirai encore et toujours et si l'encre s'achèvera
mon sang le remplacera ,
j'écris et j'écrirai encore et
toujours et si le souffle de ma vie s'arrêtera , votre fidèle
pensée me ressuscitera.
Nadir
H
Mes chaleureuses
salutations de la Haute Normandie a tous les miens de Beni Douala et d'ailleurs
ainsi qu'a ma douce moitié Fatima.
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